La langue des oiseaux

  • Qu’est-ce que la langue des oiseaux ?

La langue des oiseaux n’est pas une langue à proprement parler, mais une façon d’entendre et de comprendre notre environnement à travers la musicalité des langues que nous parlons.

Je m’explique: nous avons coutume de nous parler avec notre langue natale, par exemple le français pour moi. La première intention que nous avons quand nous nous parlons est, le plus communément en tout cas, celle de se faire comprendre et de partager une idée ou de transmettre un message à un interlocuteur. Pour se faire, la raison nous permet de nous exprimer et de comprendre l’idée que notre interlocuteur veut nous transmettre, à travers des codes comme la grammaire, un sujet qui désigne de quoi ou de qui on parle … etc.

La langue des oiseaux à en commun avec la communication « simple » le fait de transmettre des idées. Mais à la différence de la simple communication raisonnée celle-ci fait appel à un autre de nos sens, à une autre écoute, celle des jeux de mots.

Sortie du carcan de la raison les mots deviennent ce que sont les nombres au chiffre, c’est-à-dire qu’ils deviennent multiples, un mot peu donc contenir plusieurs mots;

Si je vous dis: « les apparences », nous sommes face à un mot qui désigne une définition que l’on trouve dans tous les dictionnaires. Mais si je vous dis que l’on peut y entendre au moins deux mots qu’entendriez-vous ?

Dites-le à voix haute et lentement, un des objectifs de la langue des oiseaux est une forme d’ouverture d’esprit. Vous avez trouvé ?

« Les apparences » peut s’entendre : « Les appas rances ». Cette écoute du mot me fait souvent rire, nous aurions pu entendre ce mot d’une autre façon, aucune logique d’écriture ne peut nous amener à justifier ce sens au mot « apparence », mais aucune règle d’écriture ne s’applique à l’oral.

Nous venons donc de découvrir un sens caché du mot « apparence », cela vous parle-t-il ? Personnellement oui, si être dans les apparences me fait user d’ « appas » pourris cela me rappelle de ne pas le faire ou de ne pas succomber aux apparences. Beaucoup d’interprétations sont alors possibles.

Cette façon d’entendre les mots n’est pas raisonnable, elle est musicale, sinon pourquoi s’appellerait-elle la langue des oiseaux ? Les oiseaux communiquent en chantant, c’est donc l’attention aux sons plus qu’aux mots ou au sens des mots qui est importante.

D’autres exemples de mots: « lunettes » = lu nette; « bonheur » = à la bonne heure; « envies » = en vie (on est en vie tant qu’on a des envies); « s’amuser » = s’âme user = user son âme …

Ceci est le premier degré de la langue des oiseaux (on peut d’ailleurs ajouter que le mot oiseau est un des mots où il y a le plus de voyelles que l’on n’entend pas dans leurs sons originales sinon on entendrait ouiséo ou ouisEaU et non wazo.).

  • La symbolique et l’alchimie
La dernière facette que nous verrons de la langue des oiseaux est celle de la symbolique, celle des contes et légendes, qui, grâce aux jeux de mots, nous permettent de comprendre un message caché à travers une symbolique partagé par les philosophes hermétiques.
Voici l’exemple d’un conte:
au départ nous avons un héros = RO qui est l’anagramme d’OR, c’est donc un garçon ou une fille en or. L’or c’est l’eau de l’air ou la trinité corps + âme + esprit, car le O = le corps et l’esprit et le R = le souffle qui = alors le souffre ou l’animus (ce qui anime -> [animus; corpus; spiritus = souffre; sel; mercure]).
Le héros vit souvent trois épreuves, c’est une voie initiatique qui l’amène à s’aligner et donc à devenir ROY, un roi avec un Y, car c’est ainsi qu’on écrivait le mot roi auparavant. Le Y signifiant « aligner » le héros est alors un initié. L’or devient roy, devient alors l’or philosophal, il est couronné, la lumière le traverse.
  • Voici une illustration audio d’une interview de Patrique Burensteinas à propos de la comptine Une Souris Verte.

 

J’espère avoir apporté un éclaircissement à propos de la langue des oiseaux, tout commentaire sera le bienvenu si je n’est pas été assez précis ou s’il y a des erreurs ou des incompréhensions.

Misha Schroetter

Cinq Traités d’Alchimie, Albert Poisson

DES PLUS GRANDS PHILOSOPHES :
PARACELSE, ALBERT LE GRAND, ROGER BACON, R. LULLE, ARN. DE VILLENEUVE

PRÉFACE

Les sciences actuelles sont les filles de sciences mystérieuses dont l’origine se perd dans la nuit des temps, l’alchimie est la mère de la chimie, l’astrologie a précédé l’astronomie, à la base des mathématiques on trouve la cabale et la géométrie qualitative, dans le principe l’histoire se confond avec la mythologie, la médecine fut enseignée aux hommes par un dieu.

L’on ne connaît bien une science que lorsqu’on sait son histoire. Depuis l’idée mère qui fonde la science jusqu’à nos jours, que d’efforts incessants, que de tâtonnement ! Nous profitons des travaux de nos prédécesseurs, insouciamment, sans penser à la somme énorme de travail physique et intellectuel qu’ils ont dépensée pour nous frayer la voie.

Beaucoup ont usé leur vie, dépensé leur fortune, renoncé aux plaisirs et aux honneurs par amour de la science. Combien sont morts martyrs affirmant jusqu’au dernier souffle la vérité éternelle ! C’est Roger Bacon, persécuté toute sa vie par des moines ignorants, c’est la savante Hypalie lapidée par la populace d’Alexandrie, c’est Averroës jeté en prison puis exilé, pour avoir avancé des idées contraires au Coran, c’est Bernard le Trévisan honni et tourmenté par ses parents furieux de le voir dépenser sa fortune dans des recherches alchimiques, c’est Denis Zachaire assassiné par son cousin auquel il avait refusé de révéler le secret de la pierre philosophale, c’est Cardan, pauvre toute sa vie et mourant de chagrin, ce sont Perrot et Paracelse, finissant leur carrière sur un lit d’hôpital, ce sont Bernard Palissy et Borri morts en prison. Rendre justice à ces grands hommes en remettant leurs travaux en Lumière, en les faisant revivre dans leurs œuvres, tel a été notre but.

Or, leurs ouvrages sont devenus rares, les grandes bibliothèques seules pourraient fournir aux chercheurs des documents suffisants, mais l’on sait combien il est difficile d’obtenir la permission de travailler dans une bibliothèque publique. D’autre part, se former une collection particulière est fort dispendieux et demande du temps et de la patience, souvent l’on ne trouve qu’après plusieurs années de recherches l’ouvrage que l’on désire; enfin la plupart de ces traités sont écrits en latin barbare, d’un style obscur très fatiguant à lire. Toutes ces raisons nous ont engagé à publier ces traductions.

Les auteurs ont été choisis avec soins parmi les plus grands noms de l’alchimie: Arnauld de Villeneuve, Raymond Lulle le docteur illuminé, Albert le Grand, embrassant tout dans sa vaste érudition, Roger Bacon le docteur admirable, devançant son siècle et substituant l’expérience et l’observation aux creuses divagations des scolastiques, enfin Paracelse, le grand Paracelse, bouleversant les vieilles théories, alliant l’alchimie à la médecine, jamais homme n’eut une plus grande influence sur son siècle.

On a pris les traités les plus importants, quatre ou cinq sont traduits pour la première fois en français. Quant à la traduction, elle est aussi exacte que possible, les passages obscurs sont rendus mot à mot; nous nous sommes attaché à donner à la phrase la tournure qu’elle a dans le texte. Enfin les traités sont précédés d’une notice biographique et d’un index bibliographique.

Nous terminons par un conseil : lire ce livre sans y être préparé, c’est s’exposer à ne pas le comprendre, aussi l’on fera bien auparavant de lire: « l’Alchimie et les Alchimistes » de M. Louis Figuier ou : «les Origines de l’Alchimie» de M. Berthelot.Pour les personnes qui n’auraient pas le temps de lire ces deux ouvrages, voici en peu de mots ce que c’est que l’Alchimie :

C’est, dit Pernety, l’art de travailler avec la nature sur les corps pour les perfectionner. » Le but principal de cette science est la préparation d’un composé : la pierre philosophale, ayant la propriété de transmuer les métaux fondus en or ou en argent. La matière première de la pierre philosophale est le Mercure des philosophes. On lui donne la propriété de transmuer en lui faisant subir diverses opérations, pendant lesquelles il change trois fois de couleur: de noir, il devient blanc, puis rouge. Blanc, il constitue l’élixir blanc ou petite pierre, qui change les métaux en argent. Rouge, il constitue la médecine ou élixir rouge ou grande pierre qui change les métaux en or.

A. POISSON

5_traites_d_alchimie (pdf libre de droit)

Théorie et Symboles des Alchimistes, Albert Poisson

Qu’est-ce que l’Alchimie ? Pour nous ce n’est guère qu’une science naturelle, mère de la Chimie. Mais les Alchimistes eux-mêmes, comment définissaient-ils leur science ?

« L’Alchimie, dit Paracelse, est une science qui apprend à échanger les métaux d’une espèce en une autre espèce. » (Le ciel des philosophes).

C’est la définition qu’en donnent la plupart des alchimistes, ainsi Dénys Zachaire, dans son Opuscule de la philosophie naturelle des métaux, dit :

« C’est une partie de philosophie naturelle, laquelle démontre la façon de parfaire les métaux sur terre, imitant la Nature en ses opérations, au plus près que lui est possible ».

Roger Bacon, esprit exact, donne une définition plus précise :

« L’Alchimie est la science qui enseigne à, préparer une certaine médecine ou élixir, lequel étant projeté sur les métaux imparfaits leur communique la perfection, dans le moment même de la projection ». (Miroir d’Alchimie.)

De même:

« l’Argyropée et la Chrysopée est l’art qui enseigne à donner à la matière première de l’or et de l’argent, la forme de ces métaux » (G. Claves : Apologia Chrysopaioe et Argyropoetioe).

Au XVIII° siècle où la chimie brillait dans tout son éclat, il fallut différencier les deux sciences, et voici comment en parle dom Pernety :

« La chymie vulgaire est l’art de détruire les composés que la nature a formés, et la chymie hermétique est l’art de travailler avec la nature pour les perfectionner » (Fables grecques et égyptiennes).

Mais tous ces alchimistes n’ont envisagé que la haute Alchimie ; il y avait en effet deux espèces d’alchimistes : les souffleurs, gens dépourvus de théorie, travaillant à l’aventure, ils cherchaient il est vrai la pierre philosophale, mais empiriquement, entre temps, ils faisaient de la chimie industrielle, fabriquant des savons,  de fausses pierres précieuses, des acides, des alliages, des couleurs; ce sont eux qui donnèrent naissance aux chimistes ; ce sont eux qui vendaient pour de l’argent le secret de faire de l’or, charlatans et filous, ils faisaient de la fausse monnaie, plus d’un souffleur fut pendu au gibet doré, supplice réservée cette sorte d’imposteurs; les philosophes hermétiques; au contraire, dédaignant ces travaux qu’ils flagellaient du nom de sophistications, s’adonnaient à la recherche de la pierre philosophale non par avarice mais pour l’amour de la science. Ils avaient des théories spéciales qui ne leur permettaient pas de s’écarter de certaines limites dans leurs recherches. Ainsi, dans la préparation de la pierre philosophale, ils ne travaillaient que sur les métaux et généralement sur les métaux précieux, tandis que les souffleurs faisaient défiler dans leurs cornues les produits hétéroclites du règne végétal, animal et minéral. Aussi les Philosophes persévèrent-ils dans la voie qu’ils se sont tracée, leurs doctrines traversent intactes des siècles, tandis que les souffleurs abandonnent peu à peu des recherches coûteuses et très longues pour s’occuper de choses prosaïques mais d’un bon rapport, peu à peu la Chimie se constitue en science et se sépare de l’Alchimie. On ne peut mieux résumer la question qu’en citant un passage de la Physica Subterranea de Beccher.

« Les faux alchimistes ne cherchent qu’à faire de l’or, les vrais philosophes ne désirent que la science, les premiers ne font que teintures, sophistications, inepties, les autres s’enquièrent des principes des choses ».

POISSON A., Théories & Symboles des alchimistes Le grand œuvre, Paris, éditions traditionnelles, (première ed.1891), 1991, 184 p.

A.Poisson. Théories et symboles des Alchimistes (Le livre en .doc, c’est un scan du livre, il y a des fautes et il manque les gravures et dessins, mais le contenu y est).

Présentation et définition de la trame

Définition de la Trame

La Trame est une pratique thérapeutique créée par Patrick Burensteinas en 1990.
Voici la théorie de la Trame selon les praticiens:
la Trame serait notre plan, ou schémas de cohérence, et l’information circulerait de façon sinusoïdale, ¸.·´¯`·.¸¸.·´¯`·.¸ comme toutes vibration, c’est une fréquence. L’émotion serait alors l’énergie créée par le corps et une fois créée nous aurions deux façon de l’utiliser: thermique ou dynamique. Il faut donc bouger ou avoir chaud. Par exemple si nous nous tapons sur le doigt avec un marteau notre premier réflexe sera de sauter sur place ou de bouger la main dans tous les sens, et après ceci cela va déjà mieux. Mais il est évident que ça n’aura rien changé au fait que je me sois fait mal, mais que par contre l’énergie de colère se sera transformé en mouvement, et que ce serait donc une façon de l’évacuer ou de l’utiliser. Alors si trop d’émotion est créé, qu’elle s’accumule, et vu notre nature humaine cela arrive souvent, ces émotions accumulé n’ont plus de moyen de s’évacuer, elle peut alors s’engorger et perturber la Trame (l’information). On parle de cristallisation de l’émotion. Voici une métaphore pour mieux comprendre l’action de la Trame: si nous envoyons toujours le même mouvement de haut en bas en tenant un tapis à ses extrémités, celui-ci va onduler selon une sinusoïde. Mais si un cailloux par exemple, se trouve sur ce tapis, l’onde sera stoppée ou altérée, l’expérimentateur de la Trame vas alors amplifier le mouvement sans changer son rythme, et alors faire sauter le cailloux se trouvant sur le tapis. Si l’information ne circule pas, d’après Burensteinas cela crée une pathologie. « La première source de perturbation de la Trame est l’émotion ou plutôt le surcroît d’émotions. »

 Il nous explique alors ce qu’est l’émotion :

« L’émotion est de l’énergie que nous fabriquons. Une fois cette énergie fabriquée, nous avons deux possibilités majeures de l’utiliser : thermique ou dynamique. C’est à dire que nous avons chaud et que nous bougeons. Et il ajoute : Ce fonctionnement est normal et ne saurait être pathogène, sauf si vous fabriquez plus d’énergie que vous ne pouvez en dépenser. »

Donc la source de la maladie est endogène car ici, d’après la vision de Burensteinas, la maladie vient du patient, de sa difficulté à gérer cette énergie que créerait l’émotion.

Patrick BURENSTEINAS, La Trame Se soigner par l’énergie du monde, Grenoble, le Mercure Dauphinois, 2006, p.18.

Une vision différente

François Laplantine, un anthropologue reconnu pour avoir travaillé sur la question de la santé et de la maladie, nous dit :

« Alors que l’intervention médicale officielle prétend seulement fournir une explication expérimentale des mécanismes chimico-biologiques de la morbidité et des moyens efficaces pour les maîtriser, les médecins populaires apportent une réponse intégrale à une série d’insatisfactions (non seulement somatiques, mais psychologiques, sociales, spirituelles pour certains, existentielles pour tous) que le rationalisme social n’est sans doute pas prêt d’éponger. »

François Laplantine distingue ici la médecine officielle « savante » et la médecine « populaire », il nous dit que d’un coté les médecins conventionnels vont avoir une approche scientifique de la maladie contre une approche « intégrale » qui comprend donc plusieurs aspects complémentaire de l’homme, non seulement la maladie mais aussi l’être humain, l’individu, on peut dire que le patient à « sa maladie » plutôt qu’« une maladie ». La Trame partage ce point de vue populaire par rapport à la maladie, comme la maladie traité par la Trame est une résultante des émotions, pas, ou mal vécus, la maladie est directement liée à la vie du patient.

François LAPLANTINE, Anthropologie de la maladie. Étude ethnologique des systèmes de représentations étiologiques et thérapeutiques dans la société occidentale contemporaine, Paris, Payot, 1992, pp. p.353.