Leçon 1: Les substances tonifiantes

Les substances tonifiantes
Bǔ Xū Yào 补虚 药
Ce sont, les matières qui ont pour fonction de fournir au corps les substances nécessaires pour renforcer les fonctions organiques, augmenter la capacité de défense du corps et éliminer les symptômes de déficience.

Il existe quatre catégories de déficiences :

déficience de l’énergie: Qì Xū 氣 虚

déficience du Yáng: Yáng Xū 陽 虚

déficience du sang : Xuě Xū 血 虚

déficience du Yīn : Yīn Xū 虚


Ces substances sont classées en quatre catégories :

celles qui tonifient le Qì: Bǔ Qì Yào 补氣药

celles qui tonifient le Yáng: Bǔ Yáng Yào 补陽药

celles qui tonifient le sang Xuě 血 : Bǔ Yáng Yào 补血 药

celles qui tonifient le Yīn . Bǔ Yáng Yào 补陰 药

En pratique clinique, les remèdes choisis correspondent aux symptômes de la maladie et ainsi, les remèdes qui tonifient le sang Xuě traitent la déficience du sang . Mais au sein des maladies, le Qì, le sang Xuě, le Yin et le Yang s’influencent mutuellement. Ainsi, l’on peut constater que la déficience du Yáng est souvent accompagnée par celle du Qì et vice versa.

La déficience du Yīn et celle du sang reflètent la déficience des Liquides Organiques.

La déficience du Yīn est donc souvent accompagnée de celle du sang et la déficience du sang peut aboutir à une déficience du Yīn .

Les substances seront donc choisies selon la situation de la maladie (étiologie, symptômes, Vide-Plénitude, etc.), et seront souvent combinées :

Celles qui tonifient le Qì avec celles qui tonifient le Yáng.

Celles qui tonifient le sang Xuě avec celles qui tonifient le Yīn .

De plus, on peut trouver une déficience conjuguée du sang et du Qì ou du Yīn et du Yáng.

Il faudra donc associer les substances qui tonifient à la fois le Qì et le sang Xuě et celles qui tonifient en même temps le Yīn et le Yáng .

Les substances qui tonifient la déficience ne conviennent pas pour traiter les affections de type Plénitude, car elles risquent d’enfermer les facteurs pathogènes dans le corps et d’aggraver la maladie. Mais en présence d’une plénitude de facteurs pervers, on pourra ajouter dans les compositions qui éliminent ce pervers, quelques plantes qui tonifient la déficience.
On pourra ainsi, à la fois éliminer le Qi pervers et renforcer le Qi correct.

On se conforme, ici, à l’adage thérapeutique qui conseille de “tonifier le Correct, chasser le Pervers (Fu Zheng Qu Xie)”.

Une utilisation incorrecte des substances tonifiantes peut aggraver la maladie.
Il en est ainsi de l’emploi de remèdes tonifiant le Yáng lorsque la déficience du Yīn est accompagnée de chaleur Rè 热 , ou bien de l’utilisation de substances tonifiant le Yīn lorsque le Yáng déficient contient du froid Hán 寒 .

Comme les substances tonifiantes les plus actives sont riches et difficiles à absorber, pour aider leur digestion, il faut ajouter dans les formules, quelques substances qui tonifient l’Estomac et la Rate, afin d’éviter les effets secondaires.

Ceci est particulièrement valable chez les malades faibles, surtout chez ceux qui ont une déficience du Yīn associée à une insuffisance des Liquides Organiques.
De plus, lorsque les malades, après la prise de substances tonifiantes, développent des signes de Feu Vide (bouche et lèvres sèches, insomnie, irritation, indigestion ), on doit être prudent, en particulier dans l’emploi des substances qui tonifient le Qì ou le Yáng .

La déficience du Qì signifie que le corps manque d’Énergie vitale pour fonctionner. Donc les substances qui tonifient le Qì seront destinées à tonifier les organes, et en particulier ceux qui sont responsables de la production du Qi à partir de la nourriture et de l’air, ainsi que de son transport à travers le corps, c’est-à-dire les deux organes Yīn : la rate Pí 脾et Poumon Fèi 肺 .
La ratePí 脾est la source de l’Énergie post-natale.

Les symptômes de la déficience du Qì de la rate Pí Qì Xū 脾氣虚 sont :
manque d’appétit, asthénie physique et mentale, distension abdominale selles pâteuses, dysenterie, ventre ballonn, oedèmes, ptôse anale et ptôse utérine, vertiges, qui témoignent d’une insuffisance du Qi central (Zhong Qi)

Le Poumon récupère l’Énergie de l’air et contrôle l’ensemble du Qi de l’organisme.
La déficience de son Qì, Fèi Qì Xū 肺氣虚 se manifeste par les symptômes suivants :
souffle court, dyspnée, voix faible, dyspnée d’effort, teint pâle on transpire facilement.
Tous ces symptômes peuvent être améliorés par les substances qui tonifient le Qì .
En clinique, l’utilisation des substances tonifiant le Qì dépend de la symptomatologie.

Si le Qì Xū 氣虚 est accompagné de Yīn Xū 陰虚 ou de Yang-Vide, on associera des substances qui tonifient le Yīn ou des substances qui renforcent le Yáng.

Le Qì 氣commande et génère le sang Xuě.

Lorsque il y a un Qì Xū 氣虚, le Qì ne peut pas contenir le sang et les Liquides Organiques. Dans ce cas-là, il faudra adjoindre des substances qui tonifient le sang et arrêtent le saignement.

Les substances qui tonifient le Qì sont habituellement douces et riches.
Un emploi prolongé ou un dosage excessif, peuvent entraîner une sensation de Plénitude et d’oppression dans le thorax, des ballonnements abdominaux, un manque d’appétit ou des sensations de chaleur qui témoignent d’une Stagnation du Qi.

Dans ces cas-là, on adjoindra-quelques substances à la formule qui régularisent la circulation du Qi et enlèvent les obstructions (Li Qi Yao)
Source B.AUTEROCHE

Marc Gutekunst

Présentation et définition de la trame

Définition de la Trame

La Trame est une pratique thérapeutique créée par Patrick Burensteinas en 1990.
Voici la théorie de la Trame selon les praticiens:
la Trame serait notre plan, ou schémas de cohérence, et l’information circulerait de façon sinusoïdale, ¸.·´¯`·.¸¸.·´¯`·.¸ comme toutes vibration, c’est une fréquence. L’émotion serait alors l’énergie créée par le corps et une fois créée nous aurions deux façon de l’utiliser: thermique ou dynamique. Il faut donc bouger ou avoir chaud. Par exemple si nous nous tapons sur le doigt avec un marteau notre premier réflexe sera de sauter sur place ou de bouger la main dans tous les sens, et après ceci cela va déjà mieux. Mais il est évident que ça n’aura rien changé au fait que je me sois fait mal, mais que par contre l’énergie de colère se sera transformé en mouvement, et que ce serait donc une façon de l’évacuer ou de l’utiliser. Alors si trop d’émotion est créé, qu’elle s’accumule, et vu notre nature humaine cela arrive souvent, ces émotions accumulé n’ont plus de moyen de s’évacuer, elle peut alors s’engorger et perturber la Trame (l’information). On parle de cristallisation de l’émotion. Voici une métaphore pour mieux comprendre l’action de la Trame: si nous envoyons toujours le même mouvement de haut en bas en tenant un tapis à ses extrémités, celui-ci va onduler selon une sinusoïde. Mais si un cailloux par exemple, se trouve sur ce tapis, l’onde sera stoppée ou altérée, l’expérimentateur de la Trame vas alors amplifier le mouvement sans changer son rythme, et alors faire sauter le cailloux se trouvant sur le tapis. Si l’information ne circule pas, d’après Burensteinas cela crée une pathologie. « La première source de perturbation de la Trame est l’émotion ou plutôt le surcroît d’émotions. »

 Il nous explique alors ce qu’est l’émotion :

« L’émotion est de l’énergie que nous fabriquons. Une fois cette énergie fabriquée, nous avons deux possibilités majeures de l’utiliser : thermique ou dynamique. C’est à dire que nous avons chaud et que nous bougeons. Et il ajoute : Ce fonctionnement est normal et ne saurait être pathogène, sauf si vous fabriquez plus d’énergie que vous ne pouvez en dépenser. »

Donc la source de la maladie est endogène car ici, d’après la vision de Burensteinas, la maladie vient du patient, de sa difficulté à gérer cette énergie que créerait l’émotion.

Patrick BURENSTEINAS, La Trame Se soigner par l’énergie du monde, Grenoble, le Mercure Dauphinois, 2006, p.18.

Une vision différente

François Laplantine, un anthropologue reconnu pour avoir travaillé sur la question de la santé et de la maladie, nous dit :

« Alors que l’intervention médicale officielle prétend seulement fournir une explication expérimentale des mécanismes chimico-biologiques de la morbidité et des moyens efficaces pour les maîtriser, les médecins populaires apportent une réponse intégrale à une série d’insatisfactions (non seulement somatiques, mais psychologiques, sociales, spirituelles pour certains, existentielles pour tous) que le rationalisme social n’est sans doute pas prêt d’éponger. »

François Laplantine distingue ici la médecine officielle « savante » et la médecine « populaire », il nous dit que d’un coté les médecins conventionnels vont avoir une approche scientifique de la maladie contre une approche « intégrale » qui comprend donc plusieurs aspects complémentaire de l’homme, non seulement la maladie mais aussi l’être humain, l’individu, on peut dire que le patient à « sa maladie » plutôt qu’« une maladie ». La Trame partage ce point de vue populaire par rapport à la maladie, comme la maladie traité par la Trame est une résultante des émotions, pas, ou mal vécus, la maladie est directement liée à la vie du patient.

François LAPLANTINE, Anthropologie de la maladie. Étude ethnologique des systèmes de représentations étiologiques et thérapeutiques dans la société occidentale contemporaine, Paris, Payot, 1992, pp. p.353.